- 01Envoyez une mise en demeure précise avec un montant ou une obligation claire et un délai indiqué.
- 02Conservez l’accusé de réception, les échanges et les preuves de paiement dans un dossier unique.
- 03Vérifiez la compétence du tribunal, les mentions de l’article 54, le bordereau numéroté et la signature avant l’envoi.
Un artisan qui ne termine pas les travaux
Un artisan convenu avec vous en octobre pour refaire une salle de bain ne termine pas le chantier avant les vacances. Vous lui envoyez plusieurs messages, mais l’acompte versé ne vous rend pas grand-chose sans une trace bien organisée.
La mise en demeure avant procédure judiciaire est la première démarche pour réclamer une somme ou faire exécuter une obligation avant de saisir un tribunal. Elle doit être précise, datée, adressée au bon destinataire et conservée avec sa preuve d’envoi.
1. Fixer ce que vous réclamez
Commencez par écrire les faits dans l’ordre chronologique : accord conclu, travaux prévus, somme versée, échéance dépassée et échanges avec le professionnel. Distinguez les sommes certaines des demandes qui restent à justifier.
La mise en demeure peut porter sur le paiement d’une facture, la restitution d’un dépôt de garantie ou l’exécution de travaux restés inachevés. Adaptez la formulation à l’obligation réellement en cause, sans accumuler des demandes sans lien entre elles.
Vérifiez aussi les informations disponibles sur l哼哼 professionally : raison sociale, adresse et identité du débiteur. Une erreur d’adresse peut empêcher la preuve que la demande est parvenue à son destinataire.
2. Rédiger un courrier qui fixe un délai
Le courrier doit identifier le demandeur et le défendeur, rappeler les faits essential et indiquer clairement l’action attendue. Exprimez un montant précis si vous en réclamez un, ainsi que le mode de règlement souhaité.
Vous pouvez demander un délai de quinze jours, mais ne présentez pas ce délai comme une obligation légale générale. Si le professionnel répond pendant ce délai, exchanges et proposition de règlement doivent être conservés avec le dossier.
Exemple de conclusion : « Je vous mets en demeure de procéder aux travaux décrits ci-dessus et de me verser la somme de 450 euros, dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier. » Évitez les formules vagues comme « je saurai ce qu’il vous en coûte ».
Exemple pour un dépôt de garantie non rendu
Pour un logement quitté sans restitution du dépôt de garantie, indiquez le montant, les dates de sortie et de demande, puis les éventuels état des lieux ou accuse de réception. Vous pouvez écrire : « Je vous mets en demeure de me verser le dépôt de garantie de 1 200 euros dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier. »
3. Envoyer et conserver la preuve
Envoyez le courrier par lettre recommandée avec accusé de réception pour disposer d’un suivi. Pour une créance importante ou un litige complexe, le courriel ou une lettre simple peuvent compléter la démarche, mais ils ne remplacent pas automatiquement la recommandé.
Conservez l’accusé de réception, l’enveloppe et la preuve d’expédition. Photographiez le courrier avant l’envoi, conservez le texte et ajoutez une capture de l’accusé de réception lorsqu’il arrive. Notez dans votre dossier la date d’envoi et la date de réception.
La preuve du paiement peut compléter le dossier : capture de virement, reçu ou facture. Pour certains LITIGES, la charge de la preuve peut vous être demandée de manière précise : les règles applicables et les expectations de la juridiction doivent être vérifiées.
4. Analyser la réponse du défendeur
Après réception de votre courrier, le défendeur peut payer, proposer un règlement ou contester les faits. Conservez sa réponse et ne supprimez pas les échanges. Si un échéancier est proposé, notez les dates, les montants et les conditions avant d’accepter.
Si rien ne change, préparez la suite. Si la situation évolue, ajustez la démarche au dossier réel plutôt que de saisir sur la base d’une version ancienne des faits.
Liste des éléments à réunir
- Le courrier de mise en demeure et sa preuve d’envoi.
- L’accusé de réception ou le justificatif de réception.
- La facture, le devis, le contrat ou les échanges qui establishes l’obligation.
- Les preuves de paiement : virement, reçu ou relevé.
- Les photos, constats ou courriers utiles pour étayer les faits.
- Les réponses du défendeur et les propositions de règlement.
5. Choisir le tribunal judiciaire et vérifier sa compétence
Le tribunal judiciaire est la juridiction civile de première instance. Pour une demande dont le montant n’excède pas 5 000 euros, la demande peut être exposée oralement devant le tribunal judiciaire selon l’article 847-1 du code de procédure civile.
Les plafonds de compétence et les matières dans lesquelles la représentation n’est pas obligatoire sont fixés par les textes et doivent être vérifiés sur Légifrance. La compétence territoriale dépend notamment du lieu du défendeur et des règles applicables à la situation ; ne supposez pas qu’un tribunal précis sera compétent dans tous les cas.
Pour le vérifier, le tribunal judiciaire peut être identifié à partir de la situation du litige. La page des guides et les instructions du greffe peuvent aider à préparer le dossier. Pour un litige consommateur, le repère sur le tribunal compétent reprend les questions de compétence.
6. Préparer la demande dans l’ordre du dossier
La demande doit être signée, entièrement rédigée en français, avec les mentions de l’article 54 du code de procédure civile : identité, domicile, objet et faits. L’exposé des faits doit reprendre les éléments essentiels et le dispositif des demandes doit préciser ce que vous demandez au tribunal.
Le bordereau des pièces numérotées est établi en continu à partir du 1. Chaque pièce porte le même numéro sur sa copie, et les pièces sont jointes dans l’ordre du bordereau. L’article 57 et l’article 58 du code de procédure civile précisent le contenu de l’assignation, des conclusions et des pièces jointes.
Check-list avant l’envoi
- La demande est signée manuellement, avec le nom lisible, le domicile et éventuellement l’adresse électronique.
- L’identité et le domicile de chaque partie sont indiqués, avec les informations exigées par l’article 54.
- Le dispositif des demandes est formulé de façon précise : somme, échéance, intérêts ou travaux selon le dossier.
- Les démarches de résolution amiable sont mentionnées avec leurs dates, ou le motif de leur impossibilité est exposé lorsque l’article 750-1 l’exige.
- Le bordereau numéroté est complet et les copies sont lisibles.
- Un exemplaire est prévu pour le tribunal, un par partie adverse et les copies de pièces sont en nombre suffisant.
7. Vérifier les pièces et les mentions obligatoires
Tous les actes de procédure doivent être rédigés en français. Pour une pièce rédigée dans une langue étrangère, joignez une traduction établie par un traducteur assermenté. Cette règle figure notamment à l’article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958.
Le justificatif des démarches de résolution amiable tentées est joint : courriers, mises en demeure et dates. Si ces démarches n’ont pas pu être réalisées, indiquez pourquoi. La liste des erreurs de pièces aide à repérer les omissions avant l’envoi.
Lisez enfin votre dossier comme le greffe : identité complète, objet, faits, demandes, bordereau et signature. Une pièce annoncée mais absente, ou une copie illisible, peut retarder l’enregistrement de votre demande.
8. Envoyer au greffe et suivre la suite
Expédiez le dossier au greffe compétent selon les modalités indiquées par le tribunal. Le droit de timbre est fixé par le tribunal ou selon le barème en vigueur ; vérifiez le montant applicable auprès du greffe avant l’envoi.
Après enregistrement, conservez la preuve de l’envoi et le numéro RG de votre dossier. Si une pièce est demandée, répondez dans les délais indiqués. Pour la signification de l’assignation et la procédure d’exécution, le repère sur les pièces à réunir décrit les étapes suivantes.
Les règles et les instructions du tribunal évoluent : les consignes actuelles du greffe et les textes en vigueur doivent contrôler votre procédure. L’introduction à la préparation du dossier sert de point de départ pour organiser chaque pièce.
Vérifiez le format avant de déposer
Voyez ce que le tribunal de votre région exige et ce que contient un dossier préparé.
Questions fréquentes
Faut-il envoyer la mise en demeure par lettre recommandée ?
La lettre recommandée avec accusé de réception est un moyen pratique de conserver une trace de l’envoi et de la réception. Le greffe peut demander d’autres justificatifs selon le dossier ; conservation des échanges, des factures et des preuves de paiement reste utile.
Quel délai faut-il donner dans la mise en demeure ?
Le délai doit être indiqué clairement et fixé selon le calendrier du litige. Quinze jours est un exemple courant, mais ce n’est pas une règle générale pour toutes les situations ; adaptez-le à l’échéance et vérifiez les exigences applicables à votre demande.
Puis-je saisir le tribunal judiciaire sans avocat pour une petite somme ?
La représentation par un avocat n’est pas obligatoire dans les matières concernées par les dispositions en vigueur. Pour une demande n’excédant pas 5 000 euros, la demande peut être exposée oralement selon l’article 847-1 du code de procédure civile ; vérifiez les plafonds et la compétence territoriale avant l’envoi.
Que faire si la mise en demeure reste sans réponse ?
Conservez la preuve de l’envoi et de la réception, puis préparez la saisine avec les faits, les pièces et les démarches amiables déjà accomplies. Le dossier doit être complet, numéroté et rédigé en français ; le greffe vous indiquera les modalités de dépôt applicables.
Sources officielles
- Code de procédure civile, article 54 (mentions obligatoires de la demande en justice) 2026-10-19
- Code de procédure civile, article 57 (contenu de l'assignation et bordereau de pièces) 2026-10-19
- Code de procédure civile, article 58 (mentions des conclusions et pièces jointes) 2026-10-19
- Code de procédure civile, article 750-1 (tentative de résolution amiable préalable) 2026-10-19
Informations générales sur les formalités judiciaires. Pas un conseil juridique et aucun lien avocat-client. Les règles évoluent : vérifie les instructions publiées par le tribunal avant de déposer.